Soyons solidaires de la France !

« Achetons français ! Produisons français ! », c’est sans aucun doute le slogan le plus consensuel en cette période de quasi récession, de programme de rigueur pour réduire déficits et dettes.

Tout le monde s’accorde à dire que pour acheter, français ou non, il faut relancer la consommation et au minimum maintenir le pouvoir d’achat de tous les français. Consommer davantage, produire plus en France et consommer d’abord des produits français, c’est aussi permettre de réduire le chômage et augmenter les recettes fiscales indirectes de l’État en atténuant en même temps l’exigence de rigueur.

Mais produire français, c’est  d’abord réindustrialiser la France, en donnant confiance aux détenteurs de capitaux et aux industriels  par un droit du travail combinant flexibilité et juste protection de salariés, par une juste et incitative rémunération des investissements, par le développement de la recherche et le maintien de filières industrielles complètes.

Tout cela, le gouvernement s’en est préoccupé et le Président de la République vient de proposer toute une série de mesures adaptées à la situation, du traitement du chômage partiel à la TVA sociale et à la suppression de niches fiscales non vertueuses.

Mais cela peut ne pas suffire ! Car réindustrialiser la France, c’est aussi pouvoir réaménager les nombreuses friches industrielles, développer de nouvelles zones d’activités, pas seulement pour les activités commerciales ou de services, mais pour la création, la transformation, la fabrication, bref pour produire et fabriquer français. C’est aussi permettre à l’agriculture de rester productive, rentable en lui permettant de se diversifier mais avant tout en préservant son outil de production qu’est la terre ! C’est aussi accompagner ces zones, ces projets par les infrastructures de transports (routes, transports en commun), les programmes de logements, les équipements et services pour les habitants.

Dans les faits, cette industrialisation de la France se heurte à l’hostilité de la majorité d’entre nous. Nous condamnons les délocalisations mais sommes-nous vraiment prêts à accepter dans notre village, dans notre ville, l’extension ou la création d’une zone d’activités, à envisager qu’une nouvelle voie de tramway, une route, un nouveau pont, un programme de logements puissent se réaliser dans notre secteur. Sommes-nous prêts à tolérer une urbanisation plus dense, plus compacte pour garder à l’agriculture de manière durable le maximum de terres ?

Nous condamnons tous les délocalisations en les mettant sur le compte de la lourdeur des charges qui pèsent sur l’entreprise, sur l’âpreté au gain des investisseurs, leur mépris du droit au travail ! C’est en partie pertinent, mais nous sommes individuellement aussi une des causes de ces migrations d’entreprises. Pensons-nous que Renault à Flins, Peugeot à Poissy resteront dans notre Département si nous continuons à refuser nouveaux ports fluviaux, routes, ponts, liaisons ferrées qui  permettraient d’améliorer leur desserte ! Ne devons-nous pas dans nos villes et villages, tout faire pour que nos entreprises soient bien, soient prospères, puissent évoluer pour préserver des emplois au plus près de nos lieux de vie ?

Acheter français, produire français, c’est d’abord se sentir Français, se sentir solidaire de la France. Alors dans cette période de crise qui dure, le salut de la France doit venir d’un sursaut des Français, qui doivent retrouver des comportements plus vertueux en matière fiscale et sociale, qui doivent comprendre que plein emploi et équilibre des comptes nationaux passent aussi par une réindustrialisation de notre pays qui demande de la part de chacun d’entre nous un degré d’acceptation en matière de développement de l’activité économique et des infrastructures qui y sont liées. Il y a nécessité et urgence à trouver un compromis entre la légitime envie de préserver paysages, nature, tranquillité de la vie quotidienne et l’ardente obligation de garder à notre pays une capacité à fabriquer, à produire !