Tuerie de toulouse. Dérapage durant la pause de campagne

L’assassin de nos militaires et des nos écoliers est sur le point d’être neutralisé. Une démonstration d’efficacité de l’énorme machine d’investigation qui a été mobilisée face à une telle sauvagerie. Cette rapidité permettra aux familles, aux français d’avoir au plus vite des débuts de réponse pour expliquer l’inexplicable.

Comme l’illuminé d’Oslo se réclamait d’une mission de défense de l’occident, il y a quelques mois, l’assassin de Montauban et de Toulouse se réclamera d’une mission, d’une obligation de justice, de vengeance, il s’habillera des couleurs d’Al Qaida ou d’autre chose. Le soldat américain qui a tué récemment 15 ou 20 personnes en Afghanistan se réclamera aussi d’un autre combat. Dans les trois cas, ils sont surtout l’instrument de leurs propres démons.  Ces actes barbares sont avant tout des actes individuels qui relèvent sans doute de lourdes charges psychiatriques s’alimentant de problèmes de société et des problèmes du monde. Ils ne peuvent permettre à quiconque de jeter l’anathème sur telle ou telle personnalité politique, sur tel discours prononcé  il y a deux ou trois ans, etc.

Si l’émotion, l’empathie, le respect imposaient bien de faire une pause dans la campagne électorale, c’était aussi une position de prudence pour ne pas avoir dans le feu de débats, de discours à prononcer la petite phrase de trop.

Cette sagesse là, François Bayrou ne l’a pas eue. Cela l’a conduit à viser de manière indirecte mais avouée le discours de Grenoble du Président Sarkozy en 2010 qui avait établi un lien entre immigration et délinquance.

M. Hollande, pourtant en pause de campagne, a cependant suivi François Bayrou sur ce même terrain allusif en parlant des «  mots qui influencent, qui pénètrent, qui libèrent, de ceux qui ont des responsabilités et qui doivent maîtriser leur vocabulaire ».

Ces deux sorties ont nourri la polémique. « N’ajoutons pas l’ignoble à l’horrible », a répondu le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé à M. Bayrou.

M. Hollande et M. Bayrou doivent effectivement maitriser leur vocabulaire.

Le président du CRIF (Conseil représentatif des Institutions Juives de France) Richard Prasquier le rappelle avec  insistance  « L’homme qui a tiré une gosse par les cheveux pour lui loger une balle dans la tête ne l’a pas fait parce qu’il a entendu telle ou telle remarque au sujet de l’abattage rituel » s’est il emporté.