Les mutuelles étudiantes : Peu efficaces et coûteuses

Une récente enquête de l’UFC Que Choisir a démontré que le système des mutuelles étudiantes était défavorable aux étudiants. Outre leur manque de transparence, il s’avère que le service rendu est inefficace et que ce système est particulièrement coûteux pour la collectivité, avec des frais de gestion trois fois plus élevés que ceux de la sécurité sociale proportionnellement aux prestations versées.

C’est la raison pour laquelle j’ai déposé une question écrite sur le Bureau de l’Assemblée nationale. J’y interroge Madame la Ministre des Affaires sociales et de la santé pour savoir ce que le Gouvernement entendait faire sur ce dossier et ce qu’il préconisait pour que les étudiants bénéficient d’un vrai système de santé et pour que des économies soient réalisées.

Question écrite

Jean-Marie Tétart attire l’attention de Madame le Ministre des Affaires sociales et de la Santé sur la situation des mutuelles étudiantes.

En effet, l’UFC-Que Choisir a mené une enquête de satisfaction auprès d’un millier d’étudiants. Il en ressort que moins de la moitié (43%) des étudiants interrogés savent que le remboursement est le même quel que soit la mutuelle choisie, ce qui trahit un problème de transparence de l’information. Plus grave, près de quatre nouveaux étudiants sur dix pensent que les complémentaires santé proposées sont obligatoires. Le démarchage intensif pratiqué par les mutuelles étudiantes dans les facultés est pour beaucoup dans cette désinformation.

Le service rendu pose également problème : un tiers des nouveaux inscrits en faculté attend plus de trois mois sa carte Vitale et ne peut donc, dans l’intervalle, bénéficier du tiers payant ; à la LMDE (la principale mutuelle étudiante), seuls 45% des appels sont traités. Par comparaison, l’assurance maladie traite 88% des appels reçus.

En regard de ce service insuffisant, les mutuelles étudiantes ont dépensé 93 millions d’euros en frais de gestion en 2011 – réglés par la Sécurité Sociale – pour remplir leur mission de sécurité sociale étudiante. Ce qui représente 14% du montant des prestations versées, soit trois fois plus que l’assurance maladie. Ce coût élevé est la conséquence d’un système qui organise une concurrence entre des établissements privés exerçant une mission de service public, ce qui empêche les économies d’échelle et augmente les dépenses de communication.

Il y a urgence à réformer ce système défavorable aux étudiants et coûteux pour la collectivité. Selon l’UFC-Que Choisir, la réintégration de ces missions dans le giron de la Sécurité sociale permettrait l’économie de 90 millions d’euros par an.

En conséquence, il aimerait savoir quelles sont les intentions du Gouvernement sur ce dossier.

> Suivi de la question / réponse

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