Le GNV, un carburant à part entière pour nos voitures

Alors que l’OMS vient de publier un rapport sur la dangerosité des pollutions émises par les véhicules roulant au diesel,  il faut s’intéresser aux  nouvelles sources d’énergie moins polluantes pour nos véhicules. Il y a bien sûr l’énergie électrique, mais elle pose encore des problèmes de stockage et de production et reste assez peu adaptée à un usage rural : son autonomie la confine pour l’instant aux centres urbains relativement peu étalés.

Le gaz naturel constitue une autre solution. Le même gaz, utilisé pour se chauffer ou pour faire la cuisine, peut aussi s’inviter dans l’automobile. On l’appelle alors GNV (gaz naturel pour véhicules). Nous en importons pour l’instant une large part, mais il est possible d’en produire en France en recyclant nos déchets ou en complément de nos activités agricoles. En complément de l’essence, dont elle partage les motorisations, c’est une énergie peu chère, fiable, peu polluante (zéro particule fine), dont le transport ne nécessite aucun camion (réseau de gaz existant) et dont le stockage est parfaitement maîtrise …
Les utilisateurs de cette énergie rencontrent malheureusement des difficultés pour s’approvisionner dans les stations publiques, relativement peu nombreuses. GDF Suez vient en plus de fermer la porte au renouvellement de leur contrat « ambassadeur » qui leur permettait pour certains de bénéficier jusqu’à présent d’une station de rechargement de gaz à domicile. Cette station, sûre et propre, leur permettait de recharger leur véhicule pour les trajets quotidiens, à un coût très attractif. La fin de cette possibilité risque de freiner de nouveaux acquéreurs qui seraient tentés par le GNV et elle tombe bien mal à l’heure où les Français voient le prix à la pompe s’envoler …
Relancer l’usage de cette énergie et alerter le gouvernement sur la situation que rencontrent les utilisateurs du gaz naturel pour véhicules, bénéficiaires ou non de stations à domicile, est l’objet de la question écrite à Delphine Batho ci-dessous.

Question écrite

M. Jean-Marie Tetart attire l’attention de Mme la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie sur les difficultés qu’éprouvent nos concitoyens, utilisateurs du gaz naturel pour véhicule, autrement appelé GNV, pour approvisionner leur voiture.Avec moins de 30 stations publiques ouvertes aux particuliers, GDF vient encore d’aggraver leur situation en signant la désinstallation de toutes les stations de recharges à domicile qui avaient été installées pour pallier ce manque.
Cette énergie peu chère, propre (sans microparticule et émettant moins de CO2) et très fiable a connu des débuts difficiles en France du fait de l’absence de volonté politique durable et de l’absence de soutien industriel.Pourtant, la publication par l’OMS de résultats très alarmants sur les effets nocifs du diesel, indépendamment de toute amélioration des procédés de filtration, pourrait donner au GNV une seconde chance, tant auprès des constructeurs français que des consommateurs. Alors que son autonomie correspond mieux aux déplacements en zone rurale que celle de l’électrique, cette énergie peut être produite facilement sur notre territoire par le procédé de méthanisation et son développement servirait à la fois l’indépendance énergétique de la France, tout en constituant un nouveau débouché pour l’industrie automobile française.
En conséquence, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre, à la fois pour développer la filière française du GNV particuliers, de la production des véhicules à leur utilisation, et, à la fois, pour faciliter l’introduction sur le marché d’une nouvelle solution de stations de recharge GNV à domicile.