De la motion de censure à la Manif pour Tous, la semaine qui confirme le dogmatisme du gouvernement et son mépris pour la démocratie !

La semaine dernière, j’étais en mission au Brésil dans le cadre du Groupe des Parlementaires pour l’Espace dont je suis membre. Il s’agissait pour cette mission de comprendre la politique brésilienne pour l’espace (base de lancement, lanceurs, satellites, priorités sectorielles en termes d’application), la gouvernance de cette politique, les moyens consacrés, les filières industrielles, etc. J’y reviendrai dans un autre article.

Je n’ai donc pu être dans l’hémicycle pour la motion de censure mais grâce à Internet j’ai pu suivre les débats. Cette situation permet de prendre de la distance au sens propre comme au sens figuré.

Nous savions que cette motion ne pouvait être votée mais le débat devait permettre de pointer clairement l’Etat de la France après neuf mois de gouvernement socialiste. C’est ce que Jean-François Copé a souligné d’entrée de jeu en soulignant, il ne l’invente pas car les sondages le montrent, « l’inquiétude des Français » face à la politique mise en œuvre depuis l’élection de François Hollande, il y a dix mois. « Je ne monte pas à cette tribune le cœur léger. J’y viens habité d’une forme de tristesse ou plus exactement de gravité, née d’un spectacle insupportable : l’affaiblissement, le recul, et, je le redoute, la menace d’une défaite pour notre pays ».

« Vous semblez avoir la certitude de ceux qui, persuadés d’être dans le vrai puisqu’ils sont dans la doctrine, marchent avec détermination vers l’abîme, a-t-il poursuivi. L’heure de vérité a sonné : ou bien nous refondons notre modèle pour le rendre compétitif dans la guerre économique mondiale en cours ou bien nous sortirons de l’histoire. »

Je peux vous dire que mon voyage au Brésil avec des contacts au plus haut niveau ne fait que confirmer l’évidence de ce diagnostic.

Jean François Copé a continué en rappelant que François Mitterrand avait dit : contre le chômage, on a tout essayé. En fait, le gouvernement Ayrault inspiré par François Hollande c’est contre l’emploi qu’il a tout essayé ! », a asséné M. Copé. Il a ensuite accusé le gouvernement d’avoir « étranglé les Français » en ayant « plus augmenté les impôts que la droite en cinq ans ». La France est « au bord de la révolte fiscale », s’est-il exclamé.

Jean-Marc Ayrault, a simplement déclaré qu’en écoutant ce réquisitoire contre son gouvernement, il songeait à une phrase de Clemenceau,… « Ne craignez pas de vous faire des adversaires : si vous n’en avez pas, c’est que vous n’avez rien fait. » Nous agissons pour la France et je suis fier de m’être fait des adversaires !

JM Ayrault persiste et signe, sur de lui en déclarant même qu’il «n’avait ni le goût ni le temps de se consacrer à ces querelles » en rappelant une nouvelle fois « que le 6 mai 2012, le peuple français a tranché les responsabilités : il vous a censurés et nous a mandatés ! «

Quel bel exemple de déni de démocratie !

Alors que M. De RUGY, co-président des députés verts demandait avec véhémence à Jean-François Copé de « cesser d’emmerder l’Assemblée par vos manœuvres incessantes d’obstruction », JM. Ayrault estimait en effet que c’est une perte de temps que de venir devant le Parlement répondre à une motion de censure même si elle ne pouvait être adoptée. Pour JM Ayrault, c’est une perte de temps que de nous présenter son programme, de le justifier, de le confronter à la perception qu’en ont les Français !

JM Ayrault n’a pas de temps à perdre « car il sait où il va, où il conduit la France ! » a-t-il déclaré. Les Français commencent à le voir aussi ! Ils le font savoir par la cote de popularité de François Hollande et l’ont magnifiquement démontré ce dimanche 25 mars.

Comment le Gouvernement peut il une nouvelle fois faire comme si l’avenue de la Grande Armée n’avaient réuni que quelques poignées de manifestants comme le déclarait Arnaud de Montebourg ou que les 350000 qui constituent le chiffre officiel provisoire de la Préfecture de Police.

Un nouveau déni de démocratie que de faire comme si la réalité n’existait pas, de mépriser cette partie de la France bien plus grande que le 1.4 million de manifestants de la Grande Armée de la Manif pour Tous.

Rien d’étonnant alors d’entendre alors parmi les manifestants de nouveaux slogans comme « Hollande, dégage »

Je suis un démocrate, je suis respectueux des institutions, du pouvoir élu mais comme bien des Français, je ne supporte plus que le gouvernement et sa majorité traitent tout débat d’opinion, de société, toute contestation sur le mode méprisant du « Cause toujours, … ».

Et tout cela parce que le 6 mai, M. Hollande a été élu par 51.2% des voix.

M. Hollande, ne faites pas comme si chacun de ces Français avaient voté pour chacune de vos 60 propositions. Votre cote de confiance qui se dégrade d’une façon exceptionnelle montre tout le contraire !

Alors, Monsieur Hollande, Monsieur Ayrault, écoutez les Français dont vous n’ignorez plus le nombre, l’exaspération ! Ecoutez les, Ecoutez les plus que les ultras de votre majorité parlementaire qui avec les verts vous conduisent au dérèglement sociétal, au dérèglement de la famille, au dérèglement fiscal, au dérèglement économique.

Ecoutez les, sinon la rue sera de plus en plus bruyante !