Un aller retour à Berkane au Maroc, une journée qui m’a beaucoup appris, qui m’a ému

uctMardi 29 octobre, j’ai fait un aller et retour à Berkane au Maroc. Comme Albert Bischerour, adjoint au Maire des Mureaux, j’ai voulu témoigner de  mon soutien à une « Rencontre de Sensibilisation Franco-Marocaine autour de l’autisme » organisée par l’association « Enfants du Soleil » qui a son siège aux Mureaux et qui est présidée par Monia Boujemaaoui, elle-même originaire de cette ville.

Travaillant au service d’enfants atteints de troubles mentaux et auprès d’autistes, Monia a voulu provoquer ou renforcer une prise de conscience de la complexité de prendre en compte l’autisme au Maroc que ce soit au niveau du diagnostic précoce qu’à celui de sa prise en charge dans des formes adaptées. Obstinée et engagée, elle a su convaincre et entraîner pour rendre cette rencontre possible.

Hugo Horiot et Badr Soultan
Hugo Horiot et Badr Soultan

Les responsables marocains de la région de Berkane et de Oujda étaient au rendez vous et la journée fut riche en échanges et émouvante lorsque Hugo Horiot, ancien autiste Asperger, a présenté son livre « L’empereur, c’est moi », le récit poignant de son enfance en autisme. Émouvante aussi cette rencontre avec Badr Soultan, lui aussi ancien autiste, aujourd’hui lauréat de « The Voice » qui nous a gratifié de son témoignage et d’une séance a capella !

En France, environ 500000 personnes sont atteintes d’une forme d’autisme. Au Maroc pas de statistiques officielles mais on parle d’un enfant sur 150. La nécessité de la précocité du dépistage a été fortement soulignée.

L’état actuel des connaissances qui partage les causes du syndrome autistique entre anomalies génétiques acquises lors du développement intra utérin et l’action de facteurs environnementaux a fait aussi l’objet de larges débats.

uctLa prise en charge a été reconnue comme lourde et devant privilégier à chaque fois que possible le maintien de l’enfant autiste en milieu naturel et en particulier pour la scolarité en les accompagnant pour faciliter  des apprentissages. Cela nécessite des accompagnements lourds de la part des enseignants et des parents. Mais il est aussi d’améliorer l’accès dans des centres spécialisés qui restent nécessaires. Les expériences de CLIS, de SESSAD mais aussi de ESAT, etc ont été présentées. Et l’action des parents et leurs associations a été soulignée. Ils sont au Maroc comme en France les moteurs qui poussent les politiques nationales, la création d’établissements, la multiplication des auxiliaires de vie, …  Et chacun de constater que pour l’autisme il n’y a pas cette mobilisation collective des téléthons et des sidactions.

C’est pourquoi le projet de « Enfants du Soleil » doit prospérer. La prochaine étape : la mise en place de campagnes de diagnostic au Maroc. Monia Boujemaaoui pourra compter sur bien des amis pour l’aider à la franchir ici en France et là bas au Maroc.