La Défense et l’armée française en régime « rations » : une menace pour demain !

plmAvec la difficulté de stabiliser le Mali face au terrorisme, face aux menaces qui pèsent au Moyen Orient, la loi de programmation militaire (LPM) revêt une importance particulière. Adoptée par le Sénat, la LPM reviendra devant le Parlement ce mois ci. Elle donne les orientations budgétaires de la Défense jusqu’en 2019.

Elle est extrêmement importante tant sur le moyen terme dans une période d’extrême tension que pour le long terme qui dépend de la capacité d’investissement dans al période considérée. Qu’en est-il ? Stabilisation des ressources annuelles à 31.4 milliards € jusqu’en 2016 et hausse ensuite à 32.5. Cela au prix de la suppression de 34000 postes, d’un étalement dans le temps de grands contrats d’armement, de la vente d’immeubles, la vente de participations dans des entreprises publiques et un d’un grand pari sur les recettes que rapporterait la vente des avions Rafale ! On établit donc le budget militaire sur une incertitude de près de 6 milliards de recettes exceptionnelles !

Et pourtant le Ministre de la Défense Yves Le Drian se veut optimiste en déclarant qu’ainsi « nous nous maintiendrons parmi les premiers au monde et nous serons le premier en Europe ».  Encore heureux que nous soyons assurés de rester devant la Lettonie, le Portugal  et les Pays Bas pour ne citer qu’eux.

Mais la France n’a-t-elle pas une responsabilité particulière qu’elle assume au Mali, qu’elle voudrait bien exercer en Centrafrique. Ne doit-elle pas garantir aujourd’hui une capacité d’intervention extérieure en gardant des effectifs suffisants, en renouvelant et en modernisant son matériel. Ne doit elle pas garantir qu’elle l’aura encore demain en s’assurant de disposer de ses propres drones, en restant capable de disposer de lanceurs pour ses propres satellites tellement vitaux dans une conflit moderne  et restant tellement indispensables dans une guerre de terrain au Nord Mali ?

Et que dire des conditions offertes dans les casernes à nos militaires sur le territoire national pour simplement maintenir les bâtiments et les matériels et de disposer du carburant suffisant ! L’excellence de nos armées dans les opérations extérieures dépend aussi beaucoup de leurs capacités à s’entrainer avec armes et matériels : pourront-elles le faire encore longtemps dans un contexte de rationnement constant tous azimuts ? Pendant ce temps, les budgets militaires des pays émergents sont constamment croissants.

La deuxième lecture à l’assemblée sera assurément l’occasion d’un débat animé que le sujet exige ! La campagne des élections européennes devrait l’être aussi : n’est ce pas l’occasion d’obtenir de l’Europe un budget de défense en appui aux pays qui comme la France ont encore la capacité et la volonté de s’engager souvent dans l’intérêt direct ou indirect de l’ensemble de la population européenne même si les gouvernements des pays européens font mine de le nier !