Déplacements, pour un nouveau mix énergétique français ?

Si aucun des secteurs n’est épargné par la crise, il en est un qui souffre particulièrement en ce moment, c’est celui de l’automobile. Alerté par les constructeurs au début de l’été sur le danger d’un rééquilibrage trop violent de la fiscalité sur les carburants, aujourd’hui très favorable au diésel, j’ai essayé d’y voir plus clair pour tenter de sortir par le haut de la « spirale » du diésel, débat sans fin qui oppose sans fin les constructeurs aux associations environnementales.

Les décisions des pouvoirs publics pendant plus de 25 ans ont conduit notre marché à être lourdement dépendant du diésel : fiscalité avantageuse sur le carburant, prime à la casse… avantages remis en cause au fur et à mesure que les diésels sont aujourd’hui rendus responsables d’une part de la pollution au terme de débats, sans nuances et sans distinctions.

Il conviendrait pourtant de différencier les vieux diésels (la majeure partie de ceux en circulation en 2013), qui ne sont pas équipés de système de « dépollution », des nouveaux, le filtre à particule étant devenu obligatoire à partir du 1er janvier 2011. Muni d’un filtre à particule et d’un catalyseur, un diésel n’est pourtant pas plus nocif qu’un véhicule essence. La norme antipollution pour l’homologation, Euro 6, est d’ailleurs la même.

Ce résultat remarquable n’aurait pas été possible sans les investissements lourds qu’ont réalisés les constructeurs français. Vouloir chanter trop rapidement la mort du diésel signifierait une perte sèche pour nos constructeurs et la perte d’autant d’emplois dans le secteur automobile français, nul ne le souhaite.

Alors qu’un débat commençait à émerger au printemps dernier, je déplore que le gouvernement ait fait le choix de l’immobilisme, car un rééquilibrage en douceur est possible, il est même nécessaire. Pour que l’acheteur d’une voiture diésel ne se sente pas floué par une hausse de la fiscalité, il faudrait pouvoir diminuer le prix de l’essence au niveau de celui du diésel et encourager les propriétaires de diésels polluants à s’équiper de nouveaux véhicules. Il faudrait en même temps faciliter, comme chez nos voisins européens, l’émergence de nouveaux modes de propulsions alternatifs (électrique, gaz naturel, éthanol…), car ils existent. Le gouvernement le pourrait s’il utilisait les bons leviers de la gestion des finances publiques : la réduction de la dépense en recentrant ses missions et l’encouragement de la croissance en facilitant la vie des entreprises de notre pays par des allégements de charges.

Les Français cherchent trop souvent une solution technique unique et déséquilibrent le marché par des rééquilibrages massifs au gré des humeurs du moment. Laissons patiemment les usages nous guider : l’automobile de la campagne ne sera pas forcément celle de la ville. En résumé, faisons émerger aujourd’hui un nouveau mix énergétique plus diversifié pour nos mobilités.