Le jour de carence pour les fonctionnaires souligne celle du gouvernement

Vous vous souvenez sans doute qu’en automne 2011 le Président Sarkozy avait proposé et obtenu la suppression d’un jour de carence pour les fonctionnaires. Cette mesure se justifiait par analogie avec le secteur privé: pour les salariés du privé, la rémunération n’est pas versée les trois premiers jours du congé maladie!

Les fonctionnaires ne s’étaient pas révoltés contre cette mesure! Cette décision avait contribué à faire reculer de 7% l’absentéisme de « confort ». Et cela nous l’avons vérifié dans nos collectivités et nos établissements hospitaliers yvelinois comme partout en France. Et malgré cela, le gouvernement avait rétabli cette journée de carence pour contenter un électorat qu’elle considérait comme lui étant traditionnellement acquis ou du moins pour contenter leurs syndicats.

En temps de crise, les efforts doivent être demandés à tous et il est tout à fait anormal que le secteur public soit systématiquement épargné des efforts en terme de jour de carence comme de retraite. On ne peut supporter que les salariés du secteur privé soient soumis à 3 jours de carence et ceux du secteur public à aucun!

Contrairement à tous les engagements du Président de la République, cette suppression du jour de carence pour les fonctionnaires met à bas l’idée selon laquelle l’effort n’est juste que si il est partagé. Elle est incompréhensible au moment où notre pays s’avère incapable de respecter la trajectoire du redressement de ses finances publiques, au moment où les efforts de maitrise de la dépense publique doivent être accrus.

Alors hier soir dans la discussion du projet de loi de finances pour 2014, l’UMP et et l’UDI ont proposé des amendements visant à rétablir ce jour de carence pour les fonctionnaires, ce qui est à la fois une mesure contribuant aux obligations d’économies budgétaires mais qui est aussi une mesure de justice et d’équité.

J’ai signé ces amendements.

En dépit d’une forte présence des députés de l’opposition dans l’hémicycle, ces amendements n’ont pas été adoptés. Dans cette période agitée pour eux, les députés socialistes ont resserré les rangs même si beaucoup d’entre eux conviennent en privé que cette suppression du jour de carence est encore un mauvais signal donné à l’assainissement des comptes de la Nation et à la nécessité d’un effort partagé.