Libre circulation et migration en Europe: quelques idées venues d’Allemagne

Gunther Grings ( à droite ) avec Pierre Lequillier (au centre)
Gunther Grings ( à droite ) avec Pierre Lequillier (au centre)

A l’invitation de Christian Jacob, réunion avec Gunther GRINGS, secrétaire d’état auprès du Ministre allemand de l’intérieur du nouveau gouvernement allemand de coalition pour aborder les questions de l’immigration en Europe.

J’ai relevé quelques idées simples que la CDU développe sur la migration.

  • Reconnaître bien évidemment la libre circulation interne des citoyens européens en Europe mais lier la libre installation dans un pays et le bénéfice des droits sociaux de ce pays à l’obtention d’un emploi réel et la maîtrise de la langue du pays. Dans le cas contraire, on reste dépendant de son pays d’origine. Seule la libre circulation venant de Roumanie et Bulgarie pose problème vis à vis de ces principes. La question du rétablissement de visas pour ces deux pays doit être posée.  Il faut obliger la Bulgarie et la Roumanie à traiter leurs problèmes, ils reçoivent pour cela des aides importantes de l’Europe, et ne pas les transférer aux autres pays européens. Les frontières internes de l’Europe doivent être renforcées et le dispositif de coopération Frontex également si les frontières externes de l’espace Schengen restent faibles.
  • Pour la migration depuis les pays hors Europe, les allemands la lie a l’existence réelle d’un emploi et une maîtrise minimale de l’allemand pour faciliter l’intégration, intégration qui reste leur priorité. Mais il faut aussi, dans une démarche d’immigration économique, faire attention à ne pas assécher les pays d’origine pour une profession donnée. Gunther GRINGS illustrait cela en disant qu’il y avait en Allemagne plus  d’infirmières originaires de Zambie qu’il n’y en a en Zambie.
  • Quant à la double nationalité pour des personnes d’origine hors Europe, en Allemagne, c’est l’exception: si on devient allemand, on ne garde pas sa nationalité d’origine, c’est aussi une démarche d’intégration.
  • En dépit de cette volonté d’intégration, l’Allemagne connait comme nous des problèmes de communautarisme qui sont le fait des allemands d’origine étrangère nés en Allemagne, phénomène qui n’était pas connu avec leurs parents.

Il faut poser ces questions de manière « décomplexée » suivant l’expression de JF COPE. Les élections européennes doivent permettre de porter ces positions. Il serait pertinent, pour la droite, d’essayer de s’appuyer sur une position franco-allemande.