Est ce à la justice de décider de l’arrêt des traitements de « survie »?

Une nouvelle fois, la fin de vie est au centre de l’actualité et c’est la justice qui est appelée à savoir si on peut cesser l’acharnement thérapeutique pour Vincent Lambert qui ne peut exprimer aucune volonté et pour lequel les proches sont divisés sur cette question.

Ce n’est pas à la justice de décider si on maintient ou non en vie un malade condamné, si on a le droit ou non d’arrêter un traitement qu’il faudrait mieux appeler de « survie ». C’est à un collège de médecins de décider de cesser le traitement de survie en fonction de l’état de la personne et après consultation des proches.

Faire décider cela par la justice, c’est amener les médecins à ne plus prendre les bonnes décisions même si les soins de survie deviennent excessifs et sans aucun doute inutiles.

Alors on peut simplement se féliciter que le Conseil d’Etat ait décidé de statuer collégialement. Si sa décision ne permet pas l’arrêt des traitements, nul doute que nous connaîtrons une régression des soins palliatifs alors que depuis des années c’est une démarche réfléchie, mesurée, humaine et responsable qui respecte la vie. Elle jetterait aussi un grand trouble chez les français qui craignent tous l’acharnement thérapeutique.

Cette affaire est une occasion de plus pour souligner toute la pertinence des « directives anticipées » que chacun de nous peut formuler. Ce n’est pas une démarche facile et seuls 2 à 3% des Français l’ont fait.

Avant de vouloir proposer de légiférer sur l’euthanasie, le gouvernement ferait mieux de lancer des campagnes de sensibilisation à cette disposition essentielle de la loi Leonetti qui donne satisfaction. Il ferait mieux de continuer l’effort en faveur de la médecine palliative.

De nouveau, l’unité de soins palliatifs de l’hôpital local de Houdan a été amené à dire l’efficacité et l’humanité de la démarche palliative. Le docteur Grange et l’époux d’une patiente en phase terminale témoignent dans un reportage de BFM TV.