Moins d’aide au développement aujourd’hui, c’est plus d’aide au développement demain ! Notre pays doit maintenir son effort

Lundi dernier j’ai participé à toute la discussion du projet de loi d’orientation et de programmation de la coopération et de la solidarité internationale présentée par le Ministre Canfin.

Il faut en effet revisiter la politique de coopération et d ‘aide au développement de notre pays.  Le monde change, la crise économique se poursuit, de nouveaux pays émergent économiquement, de nouveaux défis s’imposent comme celui du changement climatique, les grandes pandémies comme celles de la tuberculose, le paludisme, le sida restent des fléaux dans le tiers monde, les révolutions démocratiques ou non  se succèdent dans nombre de pays !

Il faut donc pouvoir encore accroitre le niveau d’aide y compris par la mobilisation de modes nouveaux de financement comme celui de la taxe sur les transactions financières mais il faut aussi resserrer la liste des pays bénéficiaires de notre aide (pourquoi la Chine qui achète nos hôtels, nos vignobles, nos élevages et qui nous concurrence en Afrique ou ailleurs sans s’encombrer de quelconque exigence démocratique ou du moindre respect de l’environnement recevrait elle encore des dons). Désormais, seuls les pays les plus pauvres d’Afrique recevront encore des dons pour les autres ce seront des prêts.

P1020159Il  faut aussi les priorités sectorielles et transversales sur lesquelles doit se concentrer nos aides et rendre la mise en œuvre de nos aides plus efficaces par une plus grande transparence dans leur attribution, un meilleur contrôle et une diminution des opérateurs qui la mettent en œuvre.

Il faut aussi s’assurer que les grandes entreprises qui délocalisent assument une responsabilité sociale et environnementale dans les pays où ils s’installent, sous traitent ou s’approvisionnent.

La loi Canfin prend en compte tout cela mais dans une loi que les députés qualifient de « bavarde » tant elle contient de grandes généralités, de vœux pieux ou d’objectifs irréalistes comme les écolos aiment à les multiplier dans un texte.

Trop de place est donnée aussi à mon goût aux ONG qui ne sont souvent que des groupes de pression ou qui dérivent dans des pratiques de bureaux d’études.

Pendant tous les débats, j’ai défendu la prééminence que l’on devait donner au renforcement de la décentralisation et des municipalités dans les pays en développement comme meilleur échelon pour organiser ce développement, pour impliquer les populations, pour réduire les risques de corruption et de détournement, pour mieux coller aux besoins réels des habitants, pour obtenir progressivement leur adhésion au financement des services mis en œuvre. J’ai aussi défendu le nécessaire appui aux projets que développent les français d’origine migrante ou les migrants récents au bénéfice de leur village et commune d’origine. J’ai plaidé, pour que pour ceux d’entre eux qui ont une expertise, leur disponibilité pour participer à des projets de coopération puisse être facilitée. J’ai enfin défendu la coopération décentralisée des collectivités locales françaises qui, comme le Département des Yvelines, sont capables de porter des projets concrets, efficaces et économes des deniers publics.

Sur ces sujets que je connais bien, ma voix a été entendue et j’ai pu voir quatre à cinq de mes amendements adoptés  et pour les autres, ils ont parfois été jugés pertinents et être l’objet d’approfondissement.

J’ai jugé intéressant de vous donner à la fois le texte  de mon intervention en discussion générale et un extrait des échanges et débats (en italique gras) qui ont conduit à l’acceptation ou au refus de mes amendements. Ils illustrent bien ce qu’est le travail d’un député lors de l’examen des lois dans l’hémicycle.