Où en est la « Diplomatie Sanitaire Francaise »?

Le 11 septembre prochain, je recevrai à l’Assemblée nationale une conférence consacrée à la « diplomatie sanitaire française ».
Je l’organise en tant que président du groupe parlementaire d’étude  « coopération et aide au développement » en partenariat très étroit avec l’Ong « Avocats pour la santé ».

sanitaire

La santé doit constituer une des priorités de la France en matière d’aide au développement. Plusieurs raisons militent dans ce sens.
S’il n’en fallait qu’une, il suffirait d’invoquer l’agressivité de l’épidémie Ebola et l’impuissance des milieux sanitaires à limiter sa propagation. Rappelons-nous dans d’autres temps, le Sras, le H5N1 ou simplement le Sida.
Les pays développés, s’ils veulent simplement se protéger, doivent aider massivement les pays en développement à déployer leur couverture sanitaire, leur donner les moyens de développer le dépistage, le diagnostic, la prévention mais aussi mettre à leur disposition une fois mis au point, les traitements adaptés.

Mais la santé des peuples est aussi une des conditions indispensables au développement humain, au développement économique, à la préservation de l’environnement.
Consacrer plus d’argent aujourd’hui au secteur santé dans les politiques d’aide aux pays en développement, c’est moins d’argent à consacrer demain à cette aide au développement c’est optimiser l’aide apportée aujourd’hui dans tous les autres secteurs qu’il s’agisse de l’éducation, du développement économique, etc.

À travers cette conférence, il s’agira de faire le point sur la part que la France consacre à la santé dans sa politique d’aide au développement, sur la manière dont elle met en œuvre ses crédits à la fois sur les plans bilatéral et multilatéral, sur l’efficacité de l’aide déployée. Il s’agira de dégager de nouvelles priorités pour son action, comme celle de l’accès généralisé aux soins, que l’on pressent comme une condition d’efficacité des autres mesures déjà mises en œuvre.

Enfin, il faudra examiner la possibilité  d’accroître l’aide française par la mobilisation de nouveaux modes de financement. En effet le gouvernement a réduit l’engagement budgétaire de la France en ce domaine. Seule la mobilisation de financements nouveaux comme la taxe sur les billets d’avion, qu’avait instauré Jacques Chirac, a permis de garder la France un rang de premier plan dans la lutte de certaines pandémies comme le Sida, le paludisme ou la tuberculose. La taxe sur les transactions financières doit permettre de dégager de nouvelles ressources mais il faudra s’assurer qu’elle ne soit pas simplement considérée comme une ressource ordinaire du budget national.

Il y va de la place de la France dans le monde. Cette place ne se mesure pas simplement à l’aune des initiatives diplomatiques, de la capacité à mener des actions militaires extérieures ou à défendre les droits de l’homme. Elle s’apprécie par la réalité des actions concrètes qui peuvent assurer aux pays en développement, et au monde dont nous faisons partie, un futur moins incertain!