Les apiculteurs ont le bourdon

L’année 2014 est un mauvais cru pour le miel : la production devrait être inférieure à 10 000 tonnes.
En 20 ans, elle a été divisée par 4 et les nombreuses exploitations apicoles sont aujourd’hui menacées.

Cette situation est due principalement à la disparition des ressources alimentaires des abeilles. Sans fleur, donc sans nectar ni pollen, les abeilles ne peuvent ni produire du miel ni répondre à leurs besoins et maintenir leurs défenses immunitaires.

L’entrée en vigueur au 1er janvier 2015 de la nouvelle Politique Agricole Commune ne va malheureusement pas améliorer la situation puisque la prime à la jachère apicole va être supprimée.

Face à l’inquiétude des apiculteurs, qui est aussi la nôtre quand on connait le rôle primordial des insectes pollinisateurs sur notre alimentation, j’ai donc déposé une question écrite sur le Bureau de l’Assemblée nationale pour savoir quelles mesures le Gouvernement entendait prendre, et s’il entendait modifier le Plan de Développement Durable de l’Apiculture pour répondre à cette situation catastrophique.

Texte de la question écrite

Jean-Marie Tétart attire l’attention de M. le Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt sur la situation catastrophique de l’apiculture française.

Les professionnels de la filière multiplient depuis quelques jours les signaux d’alerte, évoquant une production de miel vraisemblablement inférieure à 10.000 tonnes pour l’année 2014 que l’on peut d’ores et déjà qualifier d’année noire alors même que le taux de mortalité en sortie d’hiver, inférieur à 10%, peut être considéré comme normal. Avec une production nationale divisée par 4 en une vingtaine d’années, c’est l’avenir même de nombreuses exploitations apicoles qui est aujourd’hui menacé.

Bien que de multiples mesures aient été prises récemment (mise en place d’un comité stratégique apicole, création d’un institut technique…), le constat d’échec s’impose. Une réaction rapide et proportionnée est nécessaire pour faire face aux enjeux économiques d’une part mais aussi environnementaux, compte tenu du rôle joué par l’abeille domestique dans le précieux service de la pollinisation.

Parmi les facteurs explicatifs de cet état des lieux inquiétant du secteur, les professionnels lancent un cri d’alarme sur la forte diminution de la ressource alimentaire des abeilles. Sans fleurs, donc sans nectar ni pollen, les abeilles ne peuvent ni produire du miel ni répondre à leurs besoins et maintenir leurs défenses immunitaires. L’entrée en vigueur de la nouvelle PAC (Politique Agricole Commune) au 1er janvier 2015 ne va malheureusement pas améliorer la situation puisque la prime à la jachère apicole va être supprimée. Les apiculteurs s’inquiètent donc vivement de la disparition programmée de ces garde-mangers pour abeilles dont l’efficacité est prouvée depuis des années. Outre l’impact sur la production de miel, la qualité de l’alimentation des abeilles est un élément clé de leur santé. C’est donc un facteur décisif dans le soin qu’apportent les apiculteurs à leurs colonies particulièrement exposées à des parasites tel que Varroa, véritable fléau pour les abeilles domestiques, des champignons (Nosema ceranae) et autres virus.

En conséquence, il lui demande quelles actions vont être entreprises et avec quels partenaires privilégiés, et quelles modifications d’orientation du PDDA (Plan de Développement Durable de l’Apiculture) vont être apportées pour répondre à cette situation catastrophique de la filière apicole française, en particulier en matière de développement de la ressource qui conditionne la santé du cheptel et sa capacité à produire du miel.

> Suivi de la question/réponse