La tyrannie verte

L’affaire du barrage de Sivens met en évidence les limites de la démocratie participative lorsqu’elle est instrumentalisée par l’écologie politique ou plutôt, soyons plus précis, par les Verts.

Consultations et concertations tous azimuts, débats publics, enquêtes publiques se multiplient tout au long d’un projet. Chaque loi votée enrichit encore, sous le dictat des Verts, le nombre de démarches consultatives, le cercle des entités à consulter jusqu’à rendre les procédures pratiquement impossibles à mettre en œuvre sans risque assuré de contentieux. Et les projets repartent pour deux ou trois années de procédures coûteuses. Et quand enfin on est allé jusqu’au bout de ces procédures et que le résultat n’est pas conforme à ce qu’attendaient les contestataires politiques verts, ils envoient alors leurs « zadistes », cette légion qui combat pour les « zones à défendre » quel qu’ait été le verdict du long chemin des consultations.

Finalement, les Verts n’acceptent la démocratie participative que si elle leur donne raison, sinon ils sortent les gentils zadistes qui vont de Notre Dame des Landes au barrage de Sivens avec leurs cocktails Molotov et leurs bouteilles d’acide !

Pourra-t-on alors dans ces conditions développer notre pays si la République recule à chaque fois que les Verts ne sont pas contents du résultat d’une procédure consultative.

Notre Dame des Landes, Sivens, hier, la Tour Triangle de Paris aujourd’hui, de futur canaux, de nouvelles infrastructures routières ou nouvelles zones industrielles demain, rien ne trouvera grâce à leurs yeux !

Notre pays s’endort, n’a plus le sens du développement, de l’avenir. Un nouveau giratoire, une extension même mesurée de zone d’activité économique, un bâtiment d’habitation de quelques étages, … tout projet entraine immédiatement protestations, pétitions et surtout refus de la décision publique lorsqu’elle est prise à l’issue d’un processus démocratique.

Et notre Département des Yvelines n’est pas épargné par ce repli sur soi. Pont d’Achères, déviation de Verneuil Vernouillet n’en sont que les derniers exemples.

Chacun réclame des emplois ou un logement pour lui-même ou ses proches, chacun réclame une circulation plus fluide, ….. mais sans infrastructures nouvelles, sans zones d’habitation nouvelles, sans zones d’activité nouvelles, sans zones portuaires fluviales nouvelles, sans …!

Il est temps de réduire cette double tyrannie, celle de l’écologie politique et celle plus ordinaire du « pas dans mon jardin, pas à côté de chez moi».