Professionnels de santé : de l’urticaire à l’œdème de Quincke

L’assemblée a débuté lundi l’examen du projet de loi Santé proposé par Marisol Touraine. Rarement un projet de loi a mobilisé de manière aussi massive l’ensemble des professionnels de santé pourtant si diversifiés et parfois aux intérêts contradictoires.

Les débats préalables se sont cristallisés sur la généralisation du tiers payant qui provoquera  sans nul doute une surconsommation médicale (le patient n’ayant plus aucune idée de ce que coûte le recours au médecin et aux soins), un allongement des délais pour consulter, une insécurité économique des médecins et une part de plus en plus importante de leur temps à consacrer aux taches comptables et administratives. Or l’accès social des plus précaires aux soins était déjà garanti par la CMU par exemple ou par une prise en compte adaptée des médecins eux-mêmes.

Mais cette généralisation du tiers payant n’est qu’un des facteurs de perte d’indépendance des médecins qui s’ajoutant à d’autres facteurs conduit à une étatisation de notre système de santé qui mettra fin au secteur libéral.

Ce risque fort est lié notamment à la mise en place d’un système de soins normés et réglementés qui s’imposera aux médecins, qui conduira les patients à ne plus pouvoir choisir librement leur médecin.  Quand on se plaint de la raréfaction des médecins libéraux et de la désertification médicale, rien de mieux que cette loi pour les accélérer.

Cette loi obligera les médecins à travailler en communautés professionnelles installées en maison de santé,  qui seules bénéficieront d’un accès aux financements de coordination et d’organisation des soins ou d’activité de prévention. Le praticien individuel, qui travaille en réseau avec des collègues et des spécialistes, en sera privé.  Quoi de mieux pour encore une fois accélérer la désertification médicale.

Les conventions médicales ne seront sans doute plus dans les mains de l’assurance maladie mais des Agences Régionales de Santé (ARS) donc de l’Etat pour fixer tarifs, maitrise des dépenses, organisations des professions, etc.

Si l’on se doit de garantir dans chaque région de France et à chaque patient, un parcours de soin adapté, économiquement acceptable pour les comptes de la Nation, il y a peu de chance qu’on y parvienne par cette étatisation rampante du secteur.

Alors, nul ne doute que les débats seront vifs.

J’interviendrai pour ma part sur la consolidation juridique et économique des Centres de Santé dont celui de l’hôpital de Houdan, avec ses 45000 consultations par an, constitue une référence. Il répond déjà aux orientations de mise en réseau, de coordination et participe à la construction d’un parcours de soin adapté pour le patient mais il s’appuie aussi sur des médecins et spécialistes libéraux.

J’interviendrai aussi dès ce soir en faveur d’une augmentation du prélèvement sur les boissons sucrées qui participent de manière tellement fortes à l’extension de l’obésité et du diabète, deux pathologies aux conséquences désastreuses sur les dépenses de santé publique et sur l’économie en général. N’oublions pas qu’en 2010, le diabète touchait 2.9 millions de français et qu’aujourd’hui dans notre pays une personne sur 8 est obèse.

Mais c’est dans les pays en développement que leur croissance est la plus rapide par changement des modes d’alimentation et aussi par accès à ces boissons sucrées.

C’est pourquoi, je proposerai que la taxe sur les boissons sucrées passe de7.45 centimes d’€ par litre actuellement à 8.5 centimes d’€ par litre et que 10% du produit de cette taxe soit alors affectée à la lutte contre la sous nutrition dans les pays en développement. Je proposerai aussi que le taux de TVA sur ces boissons soit augmenté afin de recueillir des fonds supplémentaires à affecter également à la sous nutrition.