On recherche kinés et ergothérapeutes pour nos patients en état végétatif chronique

Ces dix dernières années, la science et la médecine ont fait des progrès spectaculaires dans des domaines très variés. Ils nous permettent aujourd’hui de sauver des patients qui étaient hier condamnés, mais qui restent dépendants de soins et d’accompagnement humains très lourds (masseurs kinésithérapeutes et ergothérapeutes).

Or, pour ces patients en état végétatif chroniques et paucirelationnels, la présence de rééducateurs spécialisés est essentielle tant leur confort de soin mobilise de temps et d’énergie. Malheureusement, la filière actuelle de formation et de recrutement ne permet pas de répondre à la demande des hôpitaux et cliniques spécialisés de manière satisfaisante. Bien des structures sont obligées de recruter des spécialistes à l’étranger qui ne restent qu’un an ou deux, au mieux, avant de se tourner vers d’autres spécialités plus rémunératrices. Alors même que ce type de patients nécessite un suivi de long terme, un accompagnement pérenne et stable, les établissements, comme l’Hôpital de Houdan, se trouvent obligés de renouveler très souvent leurs praticiens, car les étudiants français ne s’intéressent pas à la spécialité, trop peu rémunératrice en comparaison de l’exercice libéral, au regard des coûts engagés pour leur école (environ 30.000€).

En novembre dernier, j’ai donc souhaité alerter la ministre Marisol Touraine des risques que présente ce déséquilibre en lui proposant que la loi « Santé » de 2015 puisse prendre en compte ces dysfonctionnements et les faire cesser pour un meilleur suivi des patients et l’attractivité d’une filière en plein développement.

Si la réponse de Marisol Touraine ne méconnait pas les problèmes rencontrés, elle semble dire que la zone ouest des Yvelines n’est pas déficitaire en main d’oeuvre qualifiée alors que nous constatons exactement l’inverse sur le terrain. Les mesures qu’elle propose pour remédier à cette situation consistent à augmenter les effectifs en formation, mais cela prendra du temps, et à mutualiser les ressources entre établissements de santé de la même région.

Mais mutualiser la pénurie n’a jamais apporté de l’abondance !

Une nouvelle fois on botte en touche devant une situation préoccupante.