Pour un réaménagement de la dette grecque !

Mercredi 15 juillet a eu lieu le vote sur la déclaration du Gouvernement sur l’accord européen relatif à la Grèce. Etant en déplacement diplomatique dans le cadre de la conférence internationale sur le financement du développement d’Addis-Abeba, je ne pouvais être présent à ce vote. J’avais toutefois fait savoir que je souhaitais voter pour cet accord. Mais suite à une erreur informatique mon vote a été enregistré dans les votes contre.

Réflexion faite, cet incident est aussi l’occasion de m’exprimer sur les raisons pour lesquelles je considère que cet accord, s’il permet de renouer le dialogue et d’éviter à la Grèce de sortir de l’euro, est loin d’être la panacée qui nous permettra de sortir la Grèce de l’ornière.

Actuellement, la dette grecque dépasse 300 milliards d’euros et l’Etat doit rembourser plus de 8 milliards d’EUR avant le 20 août prochain.

Nous sommes arrivés dans une situation ubuesque où l’argent qui est débloqué de plan d’urgence en plan d’urgence, ne sert qu’à rembourser les intérêts d’une dette colossale, c’est le serpent qui se mord la queue.

Certes les injonctions des créanciers de la Grèce sont légitimes sur le fond. Quant au refus des réformes structurelles de la part du Gouvernement, c’est une erreur à long terme tant sociale qu’économique. Mais on ne peut toutefois décemment penser que l’on réussira le sauvetage de ce pays à coup de plans d’aide de quelques milliards d’euros, signés sur fond de crise politique et diplomatique perpétuelle.

Cette « perfusion » financière ne peut en aucun cas aider la Grèce a réellement se remettre sur pied et à aller de l’avant.

La situation financière de la Grèce me fait penser à celle de la République Démocratique du Congo. C’est en 2003, qu’ont été signés les accords de Sun City après cinq ans de guerre et de près de deux décennies d’implosion de la dette de l’Etat.

La dette congolaise s’est constituée durant le régime du président Mobutu (1965-1996) qui durant trois décennies a initié des projets pharaoniques (les « éléphants blancs ») financés par des entreprises et des banques occidentales peu scrupuleuses. Ces projets n’ont jamais été rentables et tout cela s’est déroulé dans une absence totale de réformes structurelles et sur un fond de corruption latente à tous les niveaux de l’économie.

Si bien que fin 2004, la dette du pays était de 12,6 milliards de dollars soit près de 200 % du PIB. Cependant, en septembre 2002 la RDC a signé différents accords de restructuration de sa dette d’abord avec le Club de Paris, puis dans le cadre de l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très endettés).

Les montants d’allègement accordés ont été considérables, mais ils n’ont constitués que l’amorce du processus dont le point fondamental était l’ajout de conditionnalités.

Il ne s’agissait pas simplement de demander des réformes en échange d’une restructuration. Il s’agissait d’un programme beaucoup plus ambitieux de conversion de la dette congolaise en investissements pour renforcer la stabilité macro-économique, promouvoir une stratégie englobante de lutte contre la pauvreté et démarrer des réformes sur le plan de la gouvernance, des infrastructures et de la prestation de services publics.

Aujourd’hui on observe que la RDC, en dépit de troubles et guérillas continuels dans le nord du pays, enregistre des résultats macroéconomiques solides avec un PIB en constante évolution depuis 2003. L’inflation est tombée à un niveau historiquement bas et le taux de chômage demeure stable. Quant aux perspectives de croissance à moyen terme, elles demeurent favorables.

Certes, la marche à accomplir est encore immense pour résoudre tous les problèmes de ce pays, mais je suis convaincu que c’est en s’inspirant d’un tel mécanisme de conversion d’une partie de la dette en investissements que nous pourrons relancer l’économie grecque.

Actuellement, l’Europe finance inutilement des dépenses de fonctionnement et la Grèce ne profite absolument pas de l’effet de levier qu’une partie de cette dette pourrait nous permettre de créer. Il ne s’agit pas de déresponsabiliser les gouvernements grecs, car une partie de la dette subsisterait, mais le remboursement de cette dernière proviendrait de la Grèce elle-même sur la base de son économie relancée. Et ce, sous la surveillance d’une instance composée de représentants de la Grèce et des créanciers, n’agissant pas comme un gendarme mais comme une instance de conseil en investissement, dans un esprit de collaboration.

Je suis convaincu que la confiance et l’ambition sont les piliers qui nous permettront de sortir d’une crise qui ne fera que se reproduire, en Grèce ou ailleurs, si nous ne changeons pas notre manière d’envisager l’avenir autrement qu’en simples termes financiers et budgétaires.

Législatives 2017 pour la 9ème circonscription des Yvelines

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