Allocation de rentrée scolaire, allocations familiales … revenons aux bases!

Mon article sur l’allocation de rentrée scolaire (ARS) a suscité de nombreuses réactions contrastées. Tant mieux, c’est qu’il y a matière à débat et donc qu’un problème est posé.

Je crois que sur ces questions, il faut revenir aux fondamentaux.

Il faut se rappeler que dans notre pays l’école est obligatoire et gratuite pour tous. Cela veut dire que cela ne doit entraîner aucune charge directe pour les parents, et pour tous les parents quelle que soit leur situation de revenus. C’est le principe même qui a présidé à la création de l’allocation de rentrée scolaire qui doit alors être accordée à toutes les familles, ce qui n’est plus le cas puisqu’elle est maintenant liée aux revenus.
Quant aux allocations familiales, elles ont été créées pour encourager la natalité et pour aider les familles et là encore quels que soient leur revenus. Depuis le mois dernier, ce n’est plus vrai.

Dans les deux cas, on est revenu sur le principe de l’universalité de l’aide aux familles, de l’aide aux enfants.
Soit, cela correspond à la vision du monde de l’idéologie socialiste.

Moi, ce que je propose avec le versement de l’allocation de rentrée scolaire aux mairies plutôt qu’aux familles, c’est de rétablir cette justice et de permettre que tous les enfants dans l’enceinte de l’école disposent du même matériel et des mêmes fournitures dont la liste serait décidée au sein du conseil d’école sur la base de l’aide maximale accordée par l’Etat.

Il ne faut pas ne faut se leurrer, l’allocation de rentrée scolaire aux familles est quelquefois détournée de sa vocation, le plus rarement possible j’espère, mais elle permet souvent aussi d’acheter des choses qui ne sont pas absolument utiles … ou du moins indispensables. Un journal d’aujourd’hui déclare d’ailleurs que l’ARS dope actuellement l’achat de tablettes et Familles de France pense que les « surligneurs phosphorescents et les feutres antidesséchement ne sont pas forcément indispensables ». L’ARS permet aussi de céder aux sirènes du marketing en achetant plutôt les derniers articles à la mode ou à l’effigie du dernier héros de dessin animé ou de bandes dessinées et de faire le plus grand bonheur de la grande distribution.

Achetées par les communes, les fournitures seraient ramenées à l’essentiel et à l’ergonomique, enfin des cartables à roulettes pour tous, et bénéficieraient de prix d’achat en gros.

Mais on me dit aussi que cette allocation de rentrée scolaire sert aussi à acheter les vêtements de rentrée. Non pour les vêtements ce sont les allocations familiales qui servent à cela toute l’année. Et puis pas besoin d’avoir des vêtements spécifiques pour la rentrée si dans les fournitures délivrées, il y a une blouse.
A force d’adapter des aides publiques sans respecter les principes qui les ont fondées, on finit par créer une confusion complète, du gaspillage et de nouvelles inégalités.

Enfin il ne faut pas que le gouvernement se glorifie trop de cette allocation de rentrée scolaire 2015 alors qu’avec la réforme des rythmes scolaires il a désorganisé les centres de loisirs, compliquer la vie de tout le monde et surtout amener les communes à faire porter d’une manière ou d’une autre une partie du coût des activités pédagogiques sur les familles. Ce n’était pas utile, quand  on sait les difficultés économiques qu’il a provoquées, de réduire encore le pouvoir d’achat des familles et la capacité d’investissement des communes.

Non décidément ce gouvernement n’est ni l’ami des familles, ni celui de l’école.

Enfin, je voudrais ajouter que si le versement de telles aides est lié aux revenus des familles, il faut alors qu’elles soient comptabilisées dans le revenu des familles qui les perçoivent comme toutes les autres aides publiques quelqu’en soit la nature et que les revenus imposables intègrent à la fois les revenus du travail et ceux de la solidarité. Cela me paraît plus urgent que le prélèvement à la source que compte mettre en place le Gouvernement et qui n’est qu’une réforme de forme et pas de fond!