Bercy pompe dans les recettes des redevances sur l’eau

Si il est bien un principe qui est juste et efficace et universellement reconnu comme tel, c’est bien celui du principe pollueur payeur. Selon ce principe, chaque utilisateur de l’eau paye sur sa facture une redevance pollution dont le produit permet à chaque agence de bassin de subventionner les ouvrages d’assainissement et de dépollution. Cela marche ainsi depuis déjà des décennies à la satisfaction de tous.

Mais voilà, à la recherche d’argent pour réduire le déficit de l’Etat, et faute de faire les réformes structurelles nécessaires, le gouvernement sous l’impulsion de Bercy vient prélever dans le produit des redevances sur l’eau.

C’est le modèle français de l’eau qui est mis en danger. C’est en quelque sorte un détournement d’une redevance qui n’a pas été créée pour alimenter le budget de l’Etat mais pour établir une solidarité entre les usagers de l’eau pour répondre au défi de l’alimentation en eau et de la lutte contre la pollution.

Ceci est proprement scandaleux. Ce n’est pas moi qui le dit par esprit polémique, c’est mon collègue, Jean Launay, député socialiste et Président du Comité National de l’Eau, qui le dit, avec plus d’élégance, fonction obligé, à Mme Ségolène Royal, en lui rappelant qu’en 2014, l’Etat a prélevé 210 millions € sur les agences de bassin et que 2015 à 2017, il prélèvera encore 3 fois 175 millions €.

Si le gouvernement juge que les agences de bassin ont trop d’argent, que le combat contre la pollution est terminé, qu’il autorise alors la diminution des redevances prélèvement et pollution, ce qui abaissera la facture des consommateurs! Mais qu’il ne fasse pas croire aux français qu’il baisse leurs impôts quand il transforme des redevances spécifiques de solidarité en ressources budgétaires.

Et ça devient une habitude, la taxe Chirac sur les billets d’avion, destinée à la lutte mondiale contre le Sida notamment, est maintenant affectée au dessus d’un plafond de recettes au budget de l’Etat!
J’interrogerai donc Mme Royal sur cette situation.