La poule de Houdan immortalisée par un timbre poste !

timbre poule de houdanLa poule de Houdan… le coq plus précisément…

Le 16 novembre 2015, à l’occasion de l’exposition d’aviculture de Metz, La Poste a émis un bloc de timbres original, intitulé « Les coqs de France ».

Notre pays possède des variétés de coqs emblématiques, exceptionnels par leur plumage, leur rareté ou leur histoire. Parmi les 43 races françaises, quatre ont été retenues pour figurer sur le bloc de timbre ainsi que le souvenir philatélique. Et parmi les 4 lauréats figure le coq de Houdan, avec sa huppe remarquable qui lui donne une place privilégiée dans les poulaillers d’ornement.

Du temps où il existait des flammes postales (jusqu’en 2009), (oblitération qui comprenait, en plus du cachet donnant le lieu et la date de prise en charge du pli par les services postaux, une illustration ou un texte généralement inscrit dans un rectangle, et qui font l’objet de collections), Houdan a eu la sienne, mentionnant son caractère de ville historique. A une époque plus lointaine, cette flamme évoquait aussi sa qualité de centre d’élevage avicole. Ce timbre prolongera donc la tradition philatélique et avicole de la cité au Donjon.

Et pour la Poule de Houdan, la continuité de sa belle notoriété, ainsi que l’atteste ses extraits d’archives :
« C’est un coquet oiseau que ce type de poule
Dont l’aspect séduisant avec sa huppe en boule
Son manteau panaché de blanc sur un fond noir
Le rend pour tous les yeux fort agréable à voir.
Ce plumage au surplus cache une chair exquise
Dont le renom s’étend partout avec franchise :
Du poulet de Houdan, où ne parle-t-on pas ? »

C’est en ces termes qu’à la fin du 19ème siècle, un poète amateur, qui s’intitulait « le poète de la basse cour » célébrait « La Houdan » dans une des revues agricoles les plus répandues en France. Actuellement, la poule de Houdan est encore universellement connue, et cela est d’autant plus remarquable qu’on n’en trouve plus que chez quelques passionnés. Tout le monde sait que « la Houdan » est une poule noire et blanche qui se caractérise par une huppe qui lui donne un aspect très particulier.

Description officielle de « la Houdan » établie par la société avicole de Houdan à la fin du 19ème siècle :
« Le coq est élégant, hardi et vif et pèse environ 2.5kg.

La poule pèse environ 1.8 kg. Elle est bonne pondeuse (150 œufs en moyenne par an). Les œufs sont blancs. La poule ne couve pas. C’est une poule facile à élever, très active, rustique et résistante. Peu sensible au froid, elle peut passer la nuit sur les arbres. »
« La Houdan » a remporté de nombreuses fois le Grand Prix d’Honneur des Races françaises aux concours internationaux de Paris.

C’est une des plus anciennes races françaises. Son existence est attestée sous le règne de Louis XIII mais c’est surtout dans la 2ème moitié du 19ème siècle qu’elle fut étudiée rationnellement et que le type en fut amélioré par les aviculteurs professionnels qui s’établirent dans la région.
L’utilisation des couveuses artificielles entraîna des modifications profondes dans les habitudes suivies durant les siècles antérieurs. La réputation de la région était telle que très vite, les demandes affluèrent de partout pour la fourniture de poussins de race. Et évidemment, on fit des poussins de toute race pour répondre à la demande de la clientèle.

Or « la Houdan » ne fut pas la race la plus demandée car beaucoup d’acheteurs ne visaient pas la qualité mais désiraient des poulets plus rustiques et très rapidement aptes à la vente. Et « la Houdan » est une petite poule, donc d’un rendement commercial bien inférieur en terme de chair, à des poules de race plus volumineuses, et d’un rendement moyen en terme de ponte par rapport à d’autres races pondant au moins un œuf par jour. Si bien que peu à peu, les éleveurs ne firent plus de Houdan dans la région. « La Houdan », considérée comme une poule de luxe, à réserver pour l’ornement des basse cours, n’intéressa plus que quelques amateurs charmés par ses dons esthétiques.

Mais nous pouvons toujours l’admirer lors de l’exposition avicole à chaque Saint-Matthieu, et ce timbre à son effigie permettra aussi de la faire découvrir aux amis ou aux parents, lors d’un envoi de courrier, et pourquoi pas, des vœux de la nouvelle année…