Est-il raisonnable pour nos communes de mettre encore des moyens budgétaires dans la mise en valeur du patrimoine, dans la culture, dans la solidarité lointaine ?

En période de difficultés économiques, de diminution des dotations aux communes et d’augmentation des charges qui leur sont imposées, est-il raisonnable pour nos communes de mettre encore des moyens budgétaires dans la mise en valeur du patrimoine, dans la culture, dans la solidarité lointaine.

A la veille de l’inauguration du donjon de Houdan rénové, j’ai voulu répondre à ces questions dans l’éditorial du dernier numéro de Houdan Ma Ville.

Je souhaite le partager avec vous.

Editorial du dernier numéro de « Houdan, ma ville »

edito hmvRénover et aménager le Donjon, y avoir consacré des moyens importants lors des trois dernières années, après l’avoir fait pour la façade et les vitraux de l’Eglise, et s’apprêter à dédier à sa promotion touristique quelques crédits de fonctionnement, n’est-ce pas déraisonnable ?

Avoir rénové le bâtiment de l’ancienne salle des ventes et la mettre à disposition pour y abriter des expositions d’art contemporain sans cesse renouvelées, n’est-ce pas accablant?

Perpétuer et renouveler notre foire millénaire, la Saint Matthieu, y exposer encore bœufs et volailles comme dans le passé, n’est-ce pas inconséquent?

Faire «la Nuit du Donjon» avec son et lumière pour inaugurer notre Donjon alors que notre monde va si mal, abattu par tant de violence aveugle et d’inhumanité terroristes détruisant au hasard des hommes et des femmes sur tous les continents, n’est-ce pas inconvenant ?

Consacrer chaque année quatre à cinq milliers d’euros à nos projets au bénéfice de Baïla en Casamance au Sénégal pour aider sa population et particulièrement sa jeunesse à améliorer son accès à l’éducation et aux services de bases, alors qu’il subsiste des problèmes sociaux ici dans notre commune, n’est-ce pas indécent ?

A toutes ces questions, nous répondons non car tout cela incarne, de la manière la plus concrète et la plus visible, notre histoire, nos racines, notre culture que chacun d’entre nous revendique dans cette période où tant d’autres voudraient les détruire frontalement, ou les diluer provisoirement dans une société aseptisée pour mieux les remplacer ensuite par d’autres. On ne peut s’en revendiquer et ne pas œuvrer pour les transmettre en les inscrivant durablement dans nos paysages, nos consciences et nos actions.

A toutes ces questions, nous répondons non car on ne peut se révolter contre ces hordes qui veulent condamner notre façon de vivre et de penser, notre façon d’être libre en respectant les autres, sans offrir des lieux pour faire connaître, pour faire aimer ou ne pas aimer ce que nos artistes nous proposent au nom de la liberté de penser et de créer que nous revendiquons et que nous voulons sauvegarder.

A toutes ces questions, nous répondons non car il est illusoire de croire que nous garderons nos libertés, nos valeurs si la solidarité avec le reste du monde en est exclue.

Alors l’accès à l’histoire, à la culture et à l’éducation sont bien des priorités de la période que nous vivons, ce sont celles que nous voulons continuer à mettre à disposition des Houdanais, à mettre en en avant même si la réduction des dotations de l’Etat et l’accroissement des charges des communes rendent l’équation budgétaire de plus en plus difficile à résoudre et peuvent amener à différer quelques aménagements ici ou là.

Quelle que soit la route avec laquelle on entre dans Houdan, notre Donjon, notre Eglise et même le bâtiment qui abritait la Boldo, symboles forts de notre histoire et de nos valeurs, s’offrent à la vue et nous invitent à garder ce cap !

Avec mes sentiments dévoués
Jean-Marie TETART