La feuille de route française pour la nutrition dans les pays en développement: un bon menu qui laisse sur sa faim

Le 9 juin, à l’Assemblée Nationale s’est tenue la conférence « Lutte contre la sous nutrition: bâtir une ambition française dans le contexte des objectifs de développement durable » que le groupe d’études que je préside à l’assemblée a organisé avec Unicef et Génération Nutrition.

La communauté d’acteurs préoccupés par cette question y était rassemblée et a exprimé une analyse largement partagée. La lutte contre la sous nutrition chronique est le socle de toute politique de développement  que les gouvernements du sud doivent inscrite dans leurs priorités et pour lequel les donateurs et bailleurs de fonds doivent répondre de manière plus massive et plus efficace. L’efficacité viendra d’approches plus multifactorielles dans laquelle l’apport de protéines et de vitamines pendant la grossesse et les deux premières années de l’enfant, pour être un élément central, doit être combinée à bien d’autres approches, hygiène, éducation, espacement des naissances, agriculture vivrière locale, réseau de santé, accès à la couverture sociale, santé vétérinaire, etc

Pour être gagnante cette combinaison doit être déployée au niveau de l’organisation des États mais ne trouvera ce succès que dans des mises en œuvre à l’échelle des territoires avec des gouvernances fortes et en capacité.

La communauté internationale et les pays en développement doivent se convaincre que la sous nutrition n’est pas le résultat de la pauvreté mais qu’elle est un facteur de pauvreté. Ils doivent aussi se convaincre que consacrer de l’argent pour lutter contre la sous nutrition n’est pas une dépense, c’est un investissement.

Ce sont ces éléments qui nous sont apparus comme conclusions des auditions menées par le groupe que j’ai présentées dans mon intervention d’ouverture.

Alors dans un contexte où l’APDF mondiale diminue et particulièrement en France, des solutions innovantes peuvent voir le jour comme Unitlife qu’a introduit Philippe Douste Blazy dans une intervention enregistrée.

André Vallini, Secrétaire d’Etat chargé du développement et de la francophonie, nous a fait l’honneur de conclure cette matinée et je l’en remercie.

Il a dit son accord sur ces constats et orientations qui sont au cœur de la feuille de route nutrition pour l’Apd de notre pays.

Mais nous sommes restés sur notre faim en matière de programmation financière pour accompagner cette feuille de route alors que la France ne dépenserait actuellement que de l’ordre de 25 millions par an (soit 0,47% de son Apd) à la lutte directe contre la sous nutrition.

Nous aurons à en débattre lors du prochain examen du projet de loi finances 2017.

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