L’agriculture ne va toujours pas bien!

agriDepuis des années, la filière élevage subit une crise profonde, au cours de ce printemps des exploitations maraîchères ont été totalement dévastées, et enfin la récolte céréalière de cette saison 2016 est la pire connue depuis 1976. La pire au niveau des tonnages, moins 25% par rapport à 2015, mais aussi à celui de la qualité qui ne permettrait pas de satisfaire à certains marchés à l’export. Et cela dans un contexte mondial où partout ailleurs les récoltes sont bonnes et conduiront sans doute à une baisse des prix!

Une année de crise grave de plus pour l’agriculture française mais surtout pour ceux qui la portent.

Il est évident que spontanément ou contraint, le gouvernement, comme ceux qui l’ont précédé, accordera des aides de trésorerie, exonèrera ou repousseront le paiement de certaines cotisations ou taxes, obligera les banques à renégocier le taux des emprunts, … solutions tout à fait adaptées à des crises graves mais ponctuelles mais pas à une crise complète et continue d’un secteur, ce qui est le cas aujourd’hui pour l’agriculture dans notre pays.

Différents facteurs essaient d’expliquer cette situation: fin des quotas laitiers, embargo de la Russie, surtransposition des normes européennes, dumping social d’autres pays européens, montée en puissance de l’agriculture d’autres pays, etc, etc.

On voit d’ailleurs toute la relativité des débats sur le rôle de la grande distribution: le prix retrouvé pour le porc vient davantage d’une labellisation de qualité sur notre marché intérieur et d’une grande demande chinoise en viande fraîche que de la négociation avec la grande distribution dont le rôle est d’ailleurs minoré par l’observatoire de la formation des prix alimentaires.

L’agriculture est en crise continue. C’est un grand secteur économique et industriel. Il doit reconnaissance à ceux qui la portent et qui aujourd’hui vont très mal. Il mérite un plan de restructuration ambitieux pour une agriculture durable économiquement, qui permettent la transmission de terres toujours fertiles, qui permettent à tous les agriculteurs de vivre dignement.

Oui il faut un plan de restructuration, d’adaptation de l’agriculture qui puisse comme le demande Xavier Beulin, Président de la Fnsea, s’intéresser très vite au sort des agriculteurs en faillite (préretraite, reconversion, …), accompagner les diversifications qui tentent chacun d’entre eux pour qu’elles ne soient pas des voies sans issue, permettre vraiment aux jeunes agriculteurs de pouvoir d’installer et de disposer de terres suffisantes.

Il n’y aurait rien de pire qu’après la désertification médicale, il y ait une désertification agricole. Des terres sans agriculteurs, des terres cultivées par des salariés de grands groupes financiers.

Mais il faudra aller au delà de l’aide aux agriculteurs: il faut un plan d’adaptation de l’agriculture française comme il y en a eu pour la sidérurgie ou l’automobile. Ce n’est pas parce que l’agriculture est une somme d’entreprises individuelles qu’elle ne peut être globalement adaptée, restructurée.

L’agriculture française doit permettre à la fois l’exportation directe de produits bruts de qualité, le maintien d’un secteur de transformation agroalimentaire de rang mondial, l’alimentation directe en circuit court des ménages français en produits de grande qualité, la conservation et la transmission d’un patrimoine fertile et préservé dans un environnement de qualité, et enfin et surtout assurer des conditions de vie confortables aux agriculteurs et leurs familles. Cela passe aussi par une grande vigilance par rapport aux politiques européennes et aux traités Tafta et autres du même genre.