Première journée de mission d’étude sur l’autonomisation des femmes en Côte d’ivoire à l’invitation de l’Ong Care

image2La situation actuelle des femmes dans ce pays est loin d’être satisfaisante: 63% des femmes sont analphabètes, taux de mortalité à l’accouchement de 650 femmes pour 100000 naissances, un enfant sur neuf meurt avant l’âge de 5 ans. Les mutilations génitales féminines sont parmi les plus élevées d’Afrique. La Cote d’Ivoire est au 172ème rang en termes de disparité hommes/femmes dans accès santé, éducation et sur le niveau de vie. Les femmes sont sous représentées dans les sphères de décisions.

Situation surprenante quand la Cote d’ivoire est présentée comme un des pays ayant l’un des meilleurs taux de croissance, mais il s’agit plus d’abord d’une croissance de rattrapage post crise.

De tels résultats trahissent un maillage insuffisant en termes de centres de santé et d’établissements scolaires surtout dans le secondaire.

Mais face à cela, une réaction s’organise à la fois au niveau des populations de base avec l’appui d’ongs comme Care qui font de l’autonomisation des femmes une priorité et de la prise en compte de cette problématique par la création d’un ministère de la promotion de la femme, de la famille, et de la protection de l’enfance avec une ministre compétente, volontaire, pragmatique et mobilisatrice, Mme Euphrasie Kouassi Yao.

Sur le terrain, des initiatives remarquables comme cette école des mères qui chaque semaine réunit les mères d’un quartier pauvre dans la forme d’un groupe de parole animé qui permet entre femmes d’aborder espacement des naissances, contraception, suivi de grossesse, allaitement, relations mari femme, conception de la famille, rôle du mari, mariage précoce, maladie sexuellement transmissibles, …. et en filigrane, comment convaincre le mari que tout cela est aussi dans son intérêt.

Paroles libérées, dans la bonne humeur, les rires généreux, l’humour. Et nous voilà, nous députés et sénateurs, mêlés à ce dialogue et porteurs de deux bébés par parlementaire!

Mais nous rencontrerons aussi à San Pedro l’école des pères avec des initiatives originales comme cette ceinture de grossesse de cinq à six kilos qui reproduit aussi l’encombrement d’un ventre de femme enceinte, que l’homme peut porter pour se rendre compte de ce que c’est que balayer avec tel ventre, de s’agenouiller, de se pencher, etc

Une idée à ramener et adopter en France!