Trump trompe ? Le « super tuesday » américain n’a pas déçu!

Et dès le mercredi, il a permis chez nous en France les commentaires les plus étonnants tant chez les analystes politiques que chez les politiques eux mêmes.

Certains, trahissant leur déception, ont cru bon d’indiquer qu’ils acceptaient et respectaient le « choix du peuple américain »! Il ne manquerait plus que ce ne soit pas le cas.

D’autres soulignaient l’échec des sondeurs américains et se rêvaient à penser que les primaires de la droite pourraient réserver des surprises identiques comme si des sondages dans une primaire dont on ne connaît pas l’électorat avait quelque chose à voir avec des sondages dans le système électoral américain.

D’autres enfin guettaient les premières paroles du Président Trump s’étonnant alors qu’il puisse rendre hommage à ses adversaires, assurer qu’il serait le Président de tous les américains comme si ce n’était pas l’épilogue de toute élection aussi dure soit elle dans tout pays à la démocratie forte et bien ancrée comme le sont les États Unis.

Et d’autres se gaussent qu’à peine trois jours après sa victoire, Trump revienne déjà en partie sur ses engagements de campagne les plus symboliques. Peut être faisaient-ils semblant d’ignorer que ses propres troupes républicaines au Sénat et de la Chambre des Représentants, sans lesquels il ne pourra gouverner, allaient le reprendre en main au plus tôt sur certains sujets s’ils nuisent à l’économie ou au leadership américain.

Ce qui paraît le plus important, au-delà de toutes ces choses somme toute classiques, c’est de savoir pourquoi autant d’américains ont voté pour un individu aussi fantasque, aussi outrancier, aux engagements tellement improbables et irréalistes. C’est à cette question qu’il faudrait plutôt essayer de répondre. C’est l’Amérique profonde qui a parlé, pas celle de la Californie, pas celle des universités et des startups mais celles des campagnes profondes, des villes industrielles délaissées, des banlieues abîmées. Toutes ces zones où le sentiment d’abandon, d’exclusion, de déclassement, de relégation est dominant conduisent à une demande de protectionisme, de repli sur soi, de rejet des autres, de rejet de la mondialisation, de refus des migrations, de dénégation des grands phénomènes comme le réchauffement climatique. Trump a su entendre ces cris, ne pas les minorer et leur répondre par des slogans agressifs, belliqueux et simples, par des promesses non crédibles mais que la désespérance était prête à entendre.

C’est le même phénomène qui atteint notre vieille europe et notre France et sur lequel le Front National et quelques autres personnalités veulent baser leur conquête en s’inspirant et faisant l’éloge de Donald Trump.

Alors je suis heureux car Donald Trump va rapidement montrer aux Français que ses slogans, pas son programme puisqu’il n’en a pas, ne pourront pas répondre à ceux qu’il a séduits et trompés le temps d’une élection.

Et avant tout faisons confiance aux États Unis pour faire jouer les contre pouvoirs qu’offre cette grande démocratie.