Après Berlin, les vraies priorités !

L’Allemagne vient de connaître un attentat terroriste. Et je veux comme chacun d’entre vous m’associer à la peine de nos amis allemands touchés pendant ces jours qui, plus que les autres jours de l’année, se veulent des jours de paix.

Comme tous les autres attentats, celui de Berlin est hautement symbolique et il est réfléchi au moins au niveau de ses commanditaires: on frappe un marché de Noël qui n’est pas qu’un lieu commercial mais un symbole d’une fête religieuse et pas dans n’importe quelle bourgade mais dans la capitale politique de l’Allemagne.

Les moyens opératoires semblent de plus en plus simples: pas besoin, comme à Nice de louer un camion quelques jours à l’avance, on arraisonne un camion, on neutralise le chauffeur et on fonce dans la foule. On limite donc toute possibilité de détection, d’interception par anticipation.

Cet attentat de Berlin pose à nouveau la question des conditions dans lesquelles nous devons continuer à vivre, à nous rassembler, à faire la fête, avec quel niveau de protection, avec quel niveau de risque.

Nous avons vu que si dans les semaines qui ont suivi Nice, la moindre brocante, la moindre foire, la moindre manifestation associative était annulée, transformée, déplacée, la vigilance s’est ensuite naturellement réduite par habitude, par relâchement.

Berlin vient nous rappeler qu’on ne peut baisser la garde!

Et immédiatement, le nouveau Ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux annonce un renforcement de la sécurité sur les marchés de Noël! Il faut donc un attentat pour qu’on remette les mesures de surveillance et de sécurité au bon niveau!

À vrai dire, vouloir que la surveillance absolue soit assurée sur tous nos marchés de Noël, sur tous nos marchés hebdomadaires, dans toutes nos manifestations, nos espaces publics, nos gares etc est ou une illusion ou une imposture.

J’ai pu le mesurer en modifiant les conditions d’organisation de la foire Saint Mathieu de Houdan en septembre dernier. Fermeture de rues par plots béton, fouilles, contrôles rassurent, donnent bonne conscience mais ne résistent pas à un fou de Dieu déterminé.

C’est dur à dire, à formuler, mais nous ne pouvons pas sécuriser les français par une protection adaptée de chaque lieu de vie, de rassemblement, de fête, de culture. Et chacun est conscient que d’autres Nice sont inévitables et qu’il faut l’accepter pour consacrer l’essentiel de nos ressources y compris budgétaires aux vraies priorités pour lutter contre ces risques d’attentats. !

Et ces risques sont d’autant plus élevés que l’Etat islamique prend d’énormes coups à Mossoul et ailleurs et qu’il va vouloir déplacer la terreur en Europe, que des djihadistes vont y revenir.

Les vraies priorités, restent le renseignement à renforcer et une forte coopération entre les Etats à développer. La priorité est le suivi des fichés S et des radicalisés. La priorité est l’interdiction et l’éloignement de ceux qui prêchent la haine et veulent maintenant ou plus tard substituer des règles religieuses aux valeurs républicaines. La priorité est la surveillance des réseaux sociaux, des réseaux de communication qui permettent à des fous isolés et non identifiés de recevoir des ordres. La priorité est de neutraliser les français et les européens qui font le djihad en Syrie ou en Irak. La priorité c’est la construction de centres de détention pour ces djihadistes français qui ont participé et soutenu des réseaux terroristes agissant contre leur pays. La priorité c’est de rétablir l’état de droit sur tout le territoire.

Protéger les Français, c’est d’abord et avant tout cela!