Abattoirs, ne pas se tromper de combat!

Après l’émotion déclenchée en France par les images des abattoirs situés à Houdan, le personnel de la mairie, accueil et secrétariat, a été harcelé par des dizaines d’appels téléphoniques d’indignation, c’est sans nul doute légitime, mais aussi d’insultes et de menaces, ça l’est beaucoup moins.

Menaces directes au personnel ou menaces à transmettre au maire qui devrait suivant ces « indignés » être traduit en justice, etc. montrant ainsi une totale méconnaissance de la situation.

Ces abattoirs sont des abattoirs privés et non pas municipaux et la municipalité n’a aucune responsabilité dans le suivi de cet établissement, responsabilité qui revient aux services de l’Etat qui l’assume effectivement pour cet abattoir.

Mais la municipalité connaît bien cet établissement qui depuis plus de quinze années a su se mettre aux normes sécurité, vétérinaire, environnemental au prix d’investissements importants et a su pour cela réunir l’appui de la commune, du Département, de la Région et de l’Etat.

Seul abattoir qui subsiste encore en Ile de France, il permet d’abattre des porcs venant principalement de Normandie et de distribuer la viande au plus près dans les surfaces commerciales de l’Ile de France. Il donne de l’emploi direct à près de 100 personnes et d’autres emplois indirects en faisant vivre aussi une filière agricole locale et régionale.

Certes tout cela ne justifie pas la souffrance animale dont les derniers textes législatifs, comme la loi Falorni, garantissent une meilleure prise en compte et nous l’espérons tous, une atténuation radicale. Cette loi n’a cependant pas réellement abouti sur des avancées suffisantes: la principale mesure est l’installation de caméras après expérimentation et l’accès aux images par la direction et les services vétérinaires. Et il se trouve que les abattoirs de Houdan ont déjà installé des caméras sur la chaîne, en avance sur la loi. Mais les caméras demandent aussi alors qu’il y ait un visionnage systématique ce qui apporte alors des charges supplémentaires supportables si l’obligation est généralisée. Et cela n’empêchera pas des dérives comme dans toutes activités humaines, économiques ou non. Il est donc aussi urgent de développer aussi la formation régulière et renouvelée du personnel.

Si le combat des associations est de réduire la souffrance animale, cela est totalement légitime mais cela ne doit pas les dispenser de respecter lois et règlements, ne serait ce que pour être exemplaire, ce qui veut dire qu’on ne peut pas par exemple pénétrer sans autorisation dans des établissements privés. Si c’est cela le combat de L214, je veux bien le prendre en compte et le respecter mais je soutiendrai aussi très fortement notre abattoir local et les filières agricoles ou non qui l’alimentent et en dépendent.

Si par contre le combat est par tous les moyens de diffuser une civilisation « vegane » pour proscrire l’utilisation de tous produits animaux dans l’alimentation et l’activité humaine, cela est tout à fait contestable car cela débouchera sur une sorte de totalitarisme réduisant la liberté de choix pour se nourrir, s’habiller, etc.
Et cela n’est pas absolument pas acceptable.

Alors si L 214 se bat pour la réduction de la souffrance animale, pas de problème pour prendre en compte sa démarche dans le cadre des évolutions législatives en cours, dans la gestion des établissements. Si par contre son combat est la fermeture de l’abattoir local de Houdan et la disparition progressive des filières agroalimentaires animales en général et locales en particulier alors organisations agricoles et élus locaux sauront s’organiser pour s’y opposer.

C’est le message de la manifestation que les agriculteurs souhaitent sans doute tenir demain devant l’abattoir de Houdan